Opex

Un monde en crise

Depuis la fin de la « guerre froide » (il y a déjà plus de 20 ans) de nombreuses crise ont éclaté dans le monde. Il s’agit de guerres civiles, de revendications territoriales, de luttes internes pour le pouvoir ou de simple terrorisme. Une de ces crises a même été provoquée par une intervention occidentale : celle de d’Irak.

L’O.N.U., l’O.T.A.N., l’Union Européenne et l’Union Africaine ont déployé beaucoup d’efforts pour résoudre ou atténuer ces crises, le plus souvent avec succès. Cela a été le cas au Cambodge, en Ex-Yougoslavie (après beaucoup d’atermoiements), en Sierra Léone, au Libéria, en Afrique de l’Est (conflit entre l’Ethiopie et l’Erythrée).
Mais des échecs ont été enregistrés, comme en Somalie.

L’intervention « franco-onusienne » en Côte d’Ivoire a juste permis de geler le conflit.

Le rôle de la France :

La France a été sollicitée d’emblée pour participer aux opérations de réduction des crises. Pourquoi ? D’abord à cause de notre expérience dans le type de conflit le plus fréquent, celui d’Afrique ; et aussi à cause de la capacité opérationnelle de notre armée. Celle-ci, composée d’engagés depuis 1997, est capable d’interventions très rapides (5000 hommes en alerte « Guépard » peuvent partir entre 12 heures et 5 jours). Elle est également experte dans l’art de s’imposer entre les factions et de gagner la confiance des populations. En fait on ne compte guère que trois pays au monde possédant ces capacités : les Etats-Unis, la grande Bretagne et la France.
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Lorsque les 2000 soldats annoncés auront tous rejoint le Sud-Liban au sein de la FINUL les forces françaises déployées en territoire étranger (donc hors DOM-TOM) compteront 15000 hommes appartenant, pour l’essentiel, à l’Armée de Terre. A titre de comparaison l’effectif engagé par la Grande Bretagne dans ce type d’opérations est actuellement de 14700.
L’Armée de Terre, qui compte 161000 personnels (dont 134000 militaires), s’est engagée, par un « contrat de déploiement » avec l’Etat-major des Armées, à fournir 20000 hommes pour les OPEX. Elle conserve donc, en principe, une marge de 5000 hommes. En réalité déjà avec 15000 hommes en OPEX l’Armée fonctionne à « flux tendu ». On constate, en effet, qu’au-delà de 14000 hommes la « machine » de l’Armée de Terre tend à se dérégler. De nombreuses unités se trouvent projetées 3 fois au lieu de 2 sur un cycle de 32 mois. Certaines formations spécialisées (Santé, transmissions,…) passent jusqu’à 8 mois sur 16 en opérations. Cela réduit d’autant les périodes d’entraînement et de remise en condition.

Les effectifs français en OPEX :

(chiffres de septembre 2006)
Bosnie : 400 (Union Européenne)
Kosovo : 1780 (OTAN)
Afghanistan : 2250, dont : 1100 à la FIAS (OTAN), 200 à la coalition « Enduring Freedom(1),
950 de l’Armée de l’Air en soutien (au Tadjikistan)
Côte d’Ivoire : 3510 dont : 3150 (opération « Licorne »),
180 à l’ONUCI,
180 à Abidjan,
Tchad : 1100 (dispositif « Epervier », en place depuis 20 ans, dont 350 de l’Armée de l’Air),

(1) Ce détachement, qui appartient aux « forces spéciales », a déjà perdu 7 hommes.
Congo : 880 pour la période des élections (mission européenne).
Liban : 700 (en attente de passer à 2000).

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A ces détachements s’ajoutent de nombreux petits détachements : en Haïti, au Sahara occidental, dans le Sinaï, au Monténégro, en Géorgie, à Naples, en Israël, en Ethiopie, etc. Il faut aussi ajouter les 459 hommes de la Marine Nationale en Océan Pacifique et en Océan
Indien.

Les Forces pré-positionnées :
Ce sont les forces stationnées en permanence sur un territoire étranger en vertu d’un accord de défense avec le pays concerné ou dans un cadre bilatéral :
Forces françaises de Djibouti : 1680 (5ème RIAOM et 13ème DBLE)
Troupes françaises au Gabon : 380 (6ème BIMa)
Forces françaises en Côte d’Ivoire : 180 (43ème BIMa)
Forces françaises du Cap vert : 580 (23ème BIMa)
Brigade franco-allemande : 1800

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Les Forces de souveraineté :

En dehors des OPEX nos Armées détachent dans les départements et territoires d’outre-mer (DOM-TOM) un total de 16570 hommes ainsi répartis :
Antilles : 4100
Guyane : 3300
Réunion/Mayotte : 3800
Nouvelle Calédonie : 2800
Polynésie française : 2500
St Pierre et Miquelon : 70

Au total l’effectif des forces françaises déployées dans le monde (hors métropole) est actuellement d’environ 35000 hommes et femmes.

Derwich DELAYE
Rédacteur en chef