Communiqué du Président de l’UF à l’occasion du Centenaire de l’Union fédérale

L’union fédérale des Associations françaises d’anciens combattants et victimes de guerre vient de fêter dignement son Centenaire conjointement avec l’Union nationale des combattants.

Nous pouvons parler d’une belle démonstration de Civisme et de Mémoire car ce fut le cas. La cohésion entre 1400 drapeaux et une foule considérable, que le parvis de l’Arc de Triomphe n’a pu contenir en entier, en sont la preuve. Tous ces drapeaux portés, par d’anciens combattants, par des veuves de guerre, par des Pupilles de la Nation, par des enfants, la foule des participants, sont la marque évidente qu’il y a en France des citoyens qui croient et espèrent toujours en leur pays.

Surtout, ne les décevons pas, ne les décevez pas !

Cette déception pourrait venir de l’oubli à remplir un Devoir de l’Etat, celui de la Réparation envers ceux qui donnent leur sang pour le pays. Il est temps que le discours officiel, qui reprend souvent le thème de la Reconnaissance, associe clairement à celui-ci la réparation qui en découle naturellement.

Message de l’Union Fédérale à l’occasion du 73ème anniversaire de l’Armistice du 8 mai 1945

Nous commémorons, aujourd’hui, la fin de la guerre dite de « 39-45 », en Europe.

L’Armée allemande capitula sans conditions, à Reims, le 7 mai et les quatre Grands : France, Etats-Unis, Royaume-Uni et URSS  annonçaient, le 8 mai, la Victoire alliée, ratifiée le 9 mai à BERLIN.

Depuis le 2 septembre 1939, date de la déclaration de guerre, que de combats meurtriers, que de drames ont eu lieu dans la presque totalité de l’Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique comme sur mer.

Se reposant sur les garanties du Traité de Versailles de 1919, les démocraties occidentales ont fait preuve de faiblesse à l’égard des pouvoirs totalitaires émergeant en Europe,  principalement en Italie et en Allemagne. Elles n’ont pas réagi à la remilitarisation de la Rhénanie, ce qui a conduit ultérieurement à cette forme d’abdication que furent les Accords de Munich de 1938. Les gouvernements qui voulaient à tout prix « préserver la Paix » eurent la guerre !

La France avait misé sur une politique militaire défensive statique sans tenir compte des rapports d’observateurs militaires décrivant l’entrainement à l’offensive des forces allemandes intégrant le combat de divisions blindées appuyées par une aviation d’attaque au sol. La défaite de mai 40, malgré le renfort de forces britanniques et la défense acharnée de nombreuses unités, est due à la percée dans les Ardennes par les forces mécanisées ennemies qui, contournant la Ligne Maginot atteignirent la Manche après avoir encerclé l’armée française. Cette campagne qui prit fin le 17 juin par l’armistice, avait fait cent quarante mille morts civils et militaires, un million cinq cent mille prisonniers et des dizaines de milliers de réfugiés, venant des départements du Nord et de Belgique.

La France se retrouvait coupée en deux zones, les Allemands occupaient la bordure atlantique, le centre, le Nord et le Nord-est de la France et avaient annexé l’Alsace et la Lorraine.

Dès le 18 juin, le Général De Gaulle adressait son « APPEL » aux Français, sur les ondes de la BBC, pour leur dire que le combat continuait. Ils ont été nombreux à le rejoindre à Londres ce qui a permis de constituer les « Forces Françaises Libres ».

Dans le pays, ce fut quatre années noires. La population survivant avec des rations alimentaires réduites au strict minimum du fait des Allemands qui prélevaient la majorité des ressources.

Dès 1940, une résistance commençât à s’organiser. Ces résistants étaient issus de tous les milieux, de toutes les formations politiques. Leurs actions de renseignement sur les forces allemandes, leurs actions de sabotage, aidèrent les débarquements. Elles ont eu un rôle significatif dans la libération du territoire. Traqués par la Gestapo et par la Milice inféodée aux occupants, ces hommes et ces femmes ont payé un lourd tribut, par quatre-vingt mille morts, fusillés, déportés ou disparus dont Jean MOULIN, missionné par le Général De Gaulle afin de coordonner l’action de tous ces mouvements de résistance.

Il ne faut pas oublier ceux qui souffrirent de persécutions raciales : juifs, tsiganes et homosexuels. Sur soixante-seize mille personnes de confession juive, deux mille seulement, revinrent des camps de concentration.

A l’extérieur, la France reprend le combat. Les Forces françaises libres, se battent aux cotés des unités alliées. A Bir Hakeim, dans le désert Libyen, Le Général Koenig stoppe l’avancée de l’Afrika Korps de Rommel et des troupes italiennes, lors de la bataille d’El Alamein. Plus tard, équipée par les Américains, l’Armée d’Afrique fut engagée dans la campagne d’Italie. Elle s’est distinguée, particulièrement au Monte Cassino et à la prise de Rome. Ces unités de la France Libre participèrent au débarquement de Normandie le 6 juin, à celui de Provence le 15 août, puis dans les combats jusqu’en Allemagne.

C’est par le sacrifice,  de ces soldats, de ces résistants, que la France obtint sa place dans le camp des vainqueurs.

Nous sommes rassemblés, ici en ce 8 mai, comme chaque année, pour rendre hommage à ceux qui ont donné leur vie pour que nous demeurions libres.

Vive la France !

Communiqué de l’UF à l’occasion du décès d’ un officier supérieur de la Gendarmerie

Tous, nous pleurons aujourd’hui le Lieutenant-Colonel Arnaud BELTRAME. Tous nous saluons son immense courage. Nous nous inclinons avec un profond respect devant la douleur de son épouse et de ses proches.

Ce soldat est allé  jusqu’au sacrifice afin d’accomplir la mission que lui avait confiée notre République : celle de défendre et protéger le citoyen au péril de sa vie. Il l’a fait. Les circonstances qui nous sont rapportées confirment  qu’il connaissait exactement ce que serait le terme de son action. Il savait qu’il allait mourir.

Sans doute a-t-il pensé : « Demain, ce sera l’éternité ! ».

Il a droit à notre reconnaissance nationale. C’est un héros pour toutes et tous. Mais le sang et la chair du héros ont un prix. Ce qu’il vient d’accomplir rappelle que le Droit à Réparation n’est pas devenu un Devoir de l’État parce que de trop nombreux soldats sont morts mais parce que c’est un Devoir Moral qui, seul, est à la hauteur du sacrifice de ses soldats … quoi que cela puisse coûter.

La mort héroïque de ce Soldat dans l’accomplissement de son Devoir, nous rappelle de façon dramatique que le Devoir de Réparation de notre République à l’égard de toutes celles et de tous ceux qui se sacrifient pour elle, ne peut se  mêler ou se confondre à des missions considérées comme secondaires. Il ne peut être pleinement  assumé que par  un Ministère à part entière.

 

Communiqué de l’Union fédérale concernant les deux militaires tués au Mali.

Le drame au Mali dans lequel deux de nos soldats viennent d’être tués et où un troisième est gravement blessé met cruellement en exergue ce qu’exige l’accomplissement de la mission

La mission s’exécute jusqu’au sacrifice suprême si nécessaire.

Nous devons être inquiets pour nos soldats dès qu’ils partent en opérations car nous ne pouvons ignorer qu’ils vont y risquer leur vie. Notre liberté a un prix : celui du sang, de la chair et de la vie de nos soldats.

L’Union fédérale respecte avec émotion ce sacrifice, elle s’incline avec une profonde tristesse devant la terrible peine des familles et des proches.

Elle rappelle que le sacrifice de nos soldats a des conséquences considérables et durables sur les familles qui, aujourd’hui, viennent de perdre un fils, un frère, un mari, un père. Elle insiste sur le fait que notre République a le devoir de réparer, autant que faire se peut,  à l’égard des familles de celles et ceux qui se sont sacrifiés pour elle.

Communiqué de l’Union Fédérale

Honte ou bassesse ?

Le Gouvernement est-il capable aujourd’hui de regarder les anciens combattants droit dans les yeux ? Le Président de la République ignore-t-il l’article premier de la loi promulguée en mars 2005 ?

« L’état militaire exige en toute  circonstance l’esprit de sacrifice pouvant aller jusqu’au sacrifice suprême » !xiste-t-il dans notre pays d’autres personnes qui, étant missionnées par le Chef de l’État, ont le Devoir de remplir cette mission jusqu’au sacrifice suprême ? NON ! Cet article, comme ceux qui l’avaient précédé dans le passé, détermine le Devoir de Réparation de l’État, devoir moral s’il en est.

Pourtant, ce devoir est aujourd’hui pour le moins négligé, peut-être même est-il sur la voie d’être supprimé. Madame la Secrétaire d’État auprès de la Ministre de la Défense a dû, désignée par cette dernière, délaisser sa Présidence du Conseil d’administration de l’ONAC pour accompagner le Premier Ministre au Maroc. Ce n’était-là rien moins que l’application du nouveau style de relations entre ministres. Il n’y aura plus de Secrétaire d’État dédié, c’était écrit et médiatisé.

Bienheureux les fonctionnaires qui, peut-être sans l’avoir demandé, obtiennent une Secrétaire d’État dédiée à la Fonction publique dans le nouveau gouvernement !

Quelle est la demande des anciens combattants ? : « Que leur Droit à Réparation soit respecté » justement par un Secrétaire d’État dédié. Cette demande, qui semble exorbitante aux yeux des décideurs politiques, n’est que la reconnaissance par l’État de son Devoir de Réparation à l’égard de ceux qui iront jusqu’au sacrifice suprême pour remplir la mission régalienne de sécurité collective. N’étant ni entendus, ni d’ailleurs écoutés,  les anciens combattants viennent de perdre leur confiance envers ces décideurs politiques.

Il devient urgent de la rétablir par un simple ajustement gouvernemental où « dédié aux anciens combattants » viendra s’ajouter au titre d’une ou d’un Secrétaire d’État.

Centenaire de l’Union fédérale

A l’attention des adhérents de l’Union fédérale, il est encore temps pour les inscriptions. Actuellement plus de six cents inscrits et plus de deux cent cinquante porte-drapeaux se sont  enregistrés.

L’UF représentée au sein de l’UFAC

Faisant suite aux élections qui se sont déroulées durant l’assemblée générale de l’Union Française des Associations de Combattants et Victimes de Guerre (UFAC) l’Union fédérale est représentée au sein du bureau national de cette structure.

Ont été élus: Vice-président: Claude HENRY,

Secrétaire général adjoint: Derwich DELAYE,

Assesseurs: Jean-Paul APAYA-GADABAYA,

Dominique LEPINE,

Gérard RUFFIER-MONET,

Commission de contrôle financier: Jean-François JABLONKA.

Message du 5 décembre de l’Union fédérale à la mémoire des victimes de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie

Comme chaque année, nous sommes, ici, rassemblés pour rendre l’hommage solennel à nos soldats « Morts pour la France » durant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie.

Les évènements de la Toussaint 54, ont amené le gouvernement à envoyer le contingent pour des opérations de maintien de l’ordre et de pacification dans les trois départements d’Algérie qui, à l’époque, étaient français. Il n’était pas encore question de parler de guerre. Certains de ceux, qui étaient envoyés, avaient déjà effectué leur service militaire, c’étaient les rappelés. Ces derniers ont été arrachés à leur vie familiale et professionnelle pour une cause nationale : défendre la Patrie. Puis, jusqu’en 1964, les contingents se sont succédé.

Ces soldats du contingent, avec leurs camarades de carrière ont payé un lourd tribu, environ trente mille morts sans compter les blessés, traumatisés dans leur chair et dans leur esprit. Ils ont fait le sacrifice de leur vie et il est de notre devoir de pérenniser ce sacrifice.

Il ne faut pas oublier nos camarades Harkis et supplétifs, qui ont combattu sous le drapeau français car, pour eux, c’était naturel, l’Algérie était la France.

Parmi tous ces soldats, certains avaient fait les campagnes d’Italie et d’Allemagne, d’autres plus jeunes avaient été en Indochine et pour la majorité, c’était leurs premiers combats.

Nous devons, dans cette journée mémorielle, avoir une pensée particulière pour ces soldats que la République avait enrôlés et qu’elle a abandonnés  avec leurs familles après le « cessez le feu ». Nous savons ce qu’il en est advenu.

Cet hommage, annuel, aux combattants de la guerre d’Algérie, ainsi qu’aux victimes civiles est nécessaire pour rappeler aux générations futures que la paix n’est jamais définitivement acquise.  Nous  souhaitons de ne jamais connaitre à nouveau  une pareille situation.

Nous sommes fiers d’avoir servi la France.

Message de l’Union Fédérale à l’occasion du 11 novembre 2017

1917

Cette troisième année de guerre devait être décisive sur le plan militaire. Elle aura été surtout une année de doutes et de désillusions pour les combattants comme pour l’ensemble de la nation.

  • en février la Russie subit une révolution qui mettra à bas un régime dynastique.
  • en avril le congrès américain décide de son entrée en guerre à nos côtés.
  • 30 000 soldats du corps d’armée canadien s’emparent de Vimy, au nord d’Arras. Cette victoire leur coûtera près de 6000 morts.
  • Le général NIVELLE lance l’offensive du Chemin des Dames entre Soissons et Reims. Conduite avec entêtement malgré des conditions défavorables, ce sera une tragique catastrophe. En quinze jours, les français compteront 100 000 pertes dont 40 000 morts.
  • Beaucoup de sacrifices ont été demandés à nos soldats depuis le début de la guerre. Ils les ont acceptés mais ont à présent l’impression qu’ils étaient trop souvent inutiles.

De mai à juin beaucoup de nos divisions seront touchées par des refus d’obéissance. Des mutineries éclateront. Les tribunaux militaires condamneront 3200 soldats, 629 d’entre eux à la peine de mort. La majorité de ces derniers seront graciés par le Président de la République.

En juin, l’élément précurseur de l’armée américaine conduit par le général John PERSCHING débarque à Boulogne-sur-Mer.de juillet à novembre le Général Douglas HAIG commandant les troupes britanniques lance une attaque dans la boue des Flandres, à Passchendaele. Comme pour le Chemin des Dames le résultat en est catastrophique. La Grande-Bretagne y perd 250 000 hommes (morts, blessés, disparus, prisonniers).

Si la bataille de Cambrai confirme l’importance d’une arme nouvelle, le char d’assaut, elle n’apporte pas beaucoup de modification au déroulement des combats.

Fin octobre, une deuxième révolution en Russie voit la mise en place d’un régime totalitaire faisant du pays le premier régime communiste.

Fin novembre, arrivée d’une partie de la 42ème division du corps expéditionnaire Américain qui sera bientôt commandée par le Chef d’Etat-major Douglas MAC ARTHUR.

En cette fin d’année 1917 la France, ses alliés et leurs adversaires sont loin de se douter que cette situation faite de hauts et de bas durera encore une année.

Depuis ce temps, l’un des chapitres de notre Histoire, cent années se sont écoulées. Nous avons connu depuis une autre période dramatique précédée et suivie d’autres beaucoup plus favorables.

Quelles leçons en avons-nous tirées ?

Sans être fort heureusement confrontés à d’aussi grandes épreuves que celles vécues au siècle dernier notre pays, et ce depuis longtemps déjà, doit faire face à de très nombreuses situations, tant intérieures qu’extérieures qui le mettent en danger.

Nous ne pouvons qu’être inquiets de la situation actuelle dans laquelle il se trouve et nous soucier de son devenir.

Vive la République !

Vive la France !