Hommage à René Cassin – Panthéon – 19 février 2015

Panthéon 19 février 2015

 

-Mme Florence BERTHOUT, Maire du Vème.

 

-M. Carlos FERRARI-LOPEZ, Conseiller auprès du SEDAC.

 

-M. le commissaire Général de division (2s) Régis OUTTIER, secrétaire général de la SMLH, représente le Général d’Armée Hervé Gobillard

 

-Mmes et MM. les représentants des autorités civiles et militaires.

 

-Mme Rose-Marie ANTOINE, Directrice générale de l’ONAC-VG.

 

-Mme Fanny JAFFRAY, Conseillère auprès du cabinet de Mme Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Education nationale.

 

-M. Jean-Louis BAYLE, Président général de l’UNC.

 

-M. Michel COLOMBO, Président de la FAFAC.

 

-M. l’Amiral Henri LACAILLE, Président de la FNAM.

 

-M. Gilles MANCERON, membre du Comité de la Ligue des Droits de l’Homme.

 

-M. Gérard DELBAUFFE, Contrôleur général su Souvenir français.

 

-M. Peter NAHON, représentant du Directeur de la bibliothèque et des archives de l’Alliance israélite universelle.

 

-M. André DORNINGER, Président fédéral des Blessés Crâniens.

 

-M. Richard PERNOD, administrateur et secrétaire adjoint, représente M. Yvan Glasel, Président de la France Mutualiste.

 

-Mmes et MM. les Présidents et représentants des associations amies.

 

-Mmes et MM. les membres du Conseil d’administration, les Présidents départementaux et les délégués de l’Union fédérale,

 

Mesdames et Messieurs,

 

Sachant par expérience qu’aucune énumération ne saurait être exhaustive, au nom de l’Union fédérale, nous remercions toutes les personnes se trouvant présentement à nos côtés, auprès du tombeau de René Cassin, le père spirituel de notre fédération.

 

Parmi les hautes autorités excusées et non représentées, nous citerons,

 

-M. Jean-Marc SAUVE, Vice-président du Conseil d’Etat.

 

-M. François Hollande, Président de la République.

 

-M. Manuel VALLS, Premier ministre.

 

-le Général Marcel KAPFER, commandant militaire, représentant Monsieur Gérard Larcher, Président du Sénat.

 

-Monsieur Jean-Louis DEBRE, Président du Conseil Constitutionnel.

 

-Claude BARTOLONE, Président de l’Assemblée nationale.

 

-Mme Fleur PELLERIN, Ministre de la culture et de la communication.

 

-M. Rémy ENFRUN, Préfet, Président de la Fondation Jean Moulin.

 

-M. Jacques REMY, Président de la fédération des Amputés de guerre de France.

 

-M. Pascal CLET, Président de l’Union des aveugles de guerre.

 

-M. Francis LEFORT, Président national du Comité national du Souvenir de Verdun.

 

-M. le Général de brigade (2s) Armel LE PORT, Président de la FNAOM.

 

 

Mesdames, Messieurs, vous comprendrez que cette année est particulière suite aux attentats qui ont bouleversés notre pays. Notre République a été atteinte au plus profond de sa chair, par l’assassinat de journalistes, parce qu’ils représentaient la Liberté, de gendarmes, de policiers, d’agents de sécurité, parce qu’ils représentaient l’ordre, et de juifs parce qu’ils étaient juifs.

Nous ne pouvons qu’accompagner les familles endeuillées dans leur malheur d’avoir perdu un être cher.

Le monde entier a tenu à réagir à ces sinistres meurtres, mais il faut être prudent lorsque l’on voit la réaction de certains pays d’Orient.

Notre Fédération a été particulièrement affectée par ce qui s’est passé, d’autant que René Cassin l’un des principaux artisans de la rédaction de la Déclaration des Droits de l’Homme a été l’un de nos présidents fondateurs. Je vous remercie d’observer en leur mémoire une minute de silence.

Le 1er aout 1914, René Cassin ne sait pas, quand il faut partir rejoindre à Antibes son régiment et que sa vie est sur le point de basculer. Il est dans sa 27ème année, sa formation est achevée. Son destin sera changé par le début de la Grande Guerre.

Cette expérience extraordinaire, totalement impossible à imaginer dans sa réalité. Quelques semaines plus tôt l’a marqué durablement, tout d’abord dans sa chair. Les hommes de sa génération ont subi la même épreuve, souvent plus longue et plus éprouvante encore.

Le 311ème Régiment d’Infanterie a été engagé dès les premiers jours de septembre dans la vallée de l’Aire, en Argonne et sur les Hauts de Meuse. Le soldat René Cassin se signale par des actes d’autorité et  de courage qui le feront nommer caporal. Plus tard, il dira avoir appris que « sur le champ de bataille, il avait la vision claire de l’ensemble de la guerre et il avait un certain ascendant sur les autres hommes ». Mais l’expérience de la guerre, c’est d’abord pour lui celle d’une solidarité vécue par des hommes de tous les milieux.

Dans la nuit du 12 au 13 octobre, parti avec son escouade il fut accueilli par un tir de mitrailleuses qui le blessa comme la plupart de ses hommes. Il réussit en pressant sur les plaies de son ventre, à se trainer jusqu’à portée de voix de son capitaine et à lui crier de donner l’ordre de repli, sauvant sa compagnie de l’encerclement. Gravement blessé, René Cassin avait gardé toute sa conscience, son évacuation fut rapide, passé par l’hôpital de Neufchâteau du 14 au 15 octobre, il fut ensuite dirigé vers l’hôpital d’Antibes ou il arriva le 16, pour être opéré le 17 octobre. Selon ses dires il fut opéré sans anesthésie, pour gagner deux heures, et il subit une deuxième opération quelques mois plus tard pour extraire l’enveloppe de la balle explosive qui s’était logée dans son bassin. L’opération ne fut pas dès plus réussie, puisqu’il subsista une « véritable hernie traumatique nécessitant le port d’une ceinture », toute sa vie il portera une ceinture. René Cassin passa six mois hospitalisé.

Blessé très tôt, René Cassin n’a connu ni Verdun, ni la Somme, ni les gaz, ni le pilonnage des tranchées. La Guerre a changé le cours de sa vie. La plupart des anciens combattants de retour du front, ont tentés, même blessés, de renouer avec leur existence antérieure comme si de rien n’était. René Cassin, lui aussi reprend sa carrière, mais la guerre ne sera pas pour lui une parenthèse : elle a fait des victimes dont il faut s’occuper, elle commande une solidarité.

Son engagement va lui fournir une certaine notoriété et enrichir son expérience politique et administrative, lui donner des responsabilités. Elle le conduira également à des réflexions de juristes sur les rapports entre les citoyens et l’Etat.

Si l’amélioration de son état fut lente, l’administration, en revanche fut plus rapide, puisqu’il fut proposé pour la réforme définitive le 7 juillet 1915. A la fin 1915, on comptait à peine plus de 17 000 réformés définitifs. La solidarité  le poussait à mettre ses compétences au service des victimes. Son engagement dans le monde combattant sera complètement désintéressé.

Jean-Claude Buisset

Président national

 

 

 

LX-2015-03-04-000-0017LX-2015-03-04-000-0025

 

 

LX-2015-03-04-000-0004LX-2015-03-04-000-0006