UNION FÉDÉRALE DES A.C.V.G. DU FINISTÈRE

L’historique de l’Union fédérale du Finistère

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Pour cet historique, donnons la parole à l’un de nos anciens Président maintenant décédé :

“Il n’était assurément pas facile, à qui en échoiraient l’honneur et la charge , de rappeler ce que fût, dans ses débuts, notre Fédération U.F. du Finistère. Vu que la guerre la mit à plat, y compris dans ses structures internes.
La ville de Brest, port de guerre particulièrement visé, qui en fut longtemps le siège officiel, entre 1918 et 1962 , constamment occupée et bombardée de fin juin 1940 à fin septembre 1944, fut dévastée, à plus de 80%.
Disparurent avec la cité, archives, statuts, modeste mobilier, tandis que les ” grands témoins ” fondateurs furent eux aussi, au fil des ans,frappés par la mort.

Force fut donc de faire appel aux souvenirs de ceux de la génération suivante , fils ou fille des ” 14/18 “, dans la mesure où ils s’étaient, eux-mêmes, intéressés aux récits des anciens de leur entourage, réchappés de la grande guerre.
Il ne pourrait s’agir ici, abusant de la place disponible, de relater par le menu l’histoire courante de notre Fédération Finistérienne, mais plutôt de souligner succinctement ce que fut l’ apport de notre département à l’organisation ” nationale “, que devint l’UNION FÉDÉRALE . Car il en fut, quant aux structures premières, de notre Union fédérale du Finistère comme de tant d’autres Fédérations départementales de notre pays.

Virent d’abord le jour, dans les quartiers de nos villes, comme au cœur de nos bourgades, de ces petits comités ou groupements, presque de voisinage, consacrés à l’entraide et à la fraternité, par les rescapés des années 1914 à 1916, grands blessés, mutilés de tous ordres, malades chroniques, alors incurables, tous physiquement et parfois mentalement diminués, désormais incapables, surtout les ” manuels ” d’exercer leur métier d’avant et d’assurer, avec leur propre survie, celle de leur foyers retrouvés.

Tout commence par l’État (” le Gouvernement “), les collectivités publiques ne pouvaient leur venir en aide, faute de législation ou de crédits appropriés. Et puis il y avait les veuves des camarades, tombés au front, et leurs enfants, ” orphelins de guerre “, mais pas encore reconnus “pupilles de la nation “, réduits le plus souvent, ensembles, au dénuement.

Enfin les vieux parents ou ascendants d’un ou de plusieurs fils, mobilisés, ou déjà morts ou invalides, sur qui ils ne pouvaient plus ou pas compté, pour gérer la ferme ou l’entreprise familiale.

Les premiers combattants rapatriés, auparavant soumis à de longs séjours en hôpitaux, décrétés ” REFORMES N°I “, ne recevaient, à vrai dire, que trop peu de ces informations qui les eussent aidés à se tirer, peu ou prou, d’affaire. Souvent, aussi, trop peu d’entre eux étaient suffisamment instruits ou compétents, pour y prétendre seuls. Avaient-ils seulement l’assurance, rentrés au pays, de rencontrer le secrétaire de mairie, l’instituteur ou le curé, à même de les épauler ? Pas toujours !

Notre Finistère eut, du moins sur le plan de la défense des veuves, des orphelins et des ascendants, cette chance, si l’on peut dire, avec peu de départements français de compter en son sein une veuve de guerre, Directrice d’une école maternelle, à Morlaix, Madame Jeanne CALLAREC, née LE BOURHIS . Elle-même mère de deux enfants, de l’âge des bambins dont elle avait la charge, connaissant de près la situation difficile de bien des familles, prit à devoir l’aide et la défense des mères veuves et de leurs enfants orphelins, alors qu’elle même venait à peine de perdre son époux, François CALLAREC, Professeur à l’école primaire Supérieure de sa ville, touché à la tête de l’unité qu’il commandait au front.

Avec une énergie farouche et un dévouement sans limite, épaulée par le jeune juriste René CASSIN, grand blessé de guerre, ardemment épris de justice et de fraternité, Jeanne CALLAREC ne tarda pas à mériter l’appellation de ” MERE des PUPILLES ” et René CASSIN celle de ” PERE des ORPHELINS “. Ce qui permit au futur “Prix Nobel ” de dire : ” Ainsi Jeanne et moi, fûmes-nous, sans avoir ensemble accompli l’œuvre de chair, mère et père des mêmes enfants.

Ce qui fit aussi élire René CASSIN, comme l’un de nos tout premiers présidents nationaux et sa ” commère “, ainsi qu’il aimait à la nommer, comme l’une de nos premières Vice-présidentes nationales .

D’autres veuves, dans d’autres départements, et il en est question par ailleurs, s’attelèrent, elles aussi, à la tâche de défendre et d’aider les veuves, les orphelins, les ascendants de guerre, la défenses des mutilés, invalides étant essentiellement devenue l’affaire des militants hommes. Nous ne saurions, en tout cas, oublier l’action généreuse et compétente, pendant des décennies, au sein de l’Union fédérale, de vaillantes veuves de guerre, telles que Mesdames MAIRE ou Élisabeth CASSOU…. , parmi bien d’autres.

Mais, s’agissant de notre département nous ne fument pas en reste. Voyons plutôt !
Soit dit, ici, et sans vanité déplacée, la Bretagne se fit, très tôt, à l’occasion des guerres qui frappèrent la France, un devoir de servir, de toutes ses forces, notre “UNION FÉDÉRALE ” nationale et ses adhérents. Ne lui donna t’elle pas, très tôt, ce grand mutilé de 14-18, le Trésorier national Jean PENQUER, le Lorientais et qui tint ses finances quarante années durant, avec tant de scrupules ?

De Lorient, aussi, nous vint, invalide de 1939-1945, le Directeur d’école Jean LE COUTALLER, Sous-secrétaire d’État, rue de Bellechasse, alors que son Ministre en titre n’était autre que le Finistérien Tanguy PRIGENT, jusque là Ministre de l’agriculture du Général DE GAULLE, dès septembre 1944, puis “notre ” Ministre de tutelle dès 1956… Plus tard, le Finistère, encore, fournit à l’Union fédérale l’un de ses premiers présidents nationaux, de 1939-1945. Mais ceci est une autre histoire…

Sans Jeanne CALLAREC, sans René CASSIN, tant leur fut chère la cause défendue, des milliers de veuves et d’orphelins n’eussent pas bénéficié, en des délais relativement rapides ( loi du 31 mars 1919, droit à réparation ), du soutien légitime de la Nation. Ni ceux de 1914-1918, ni ceux des conflits ultérieurs ! Les veuves, grâce aux pensions, voire aux emplois réservés ; les orphelins bénéficiant de subventions ou allocations ( parfois maigres ) d’études, d’apprentissage ou de vacances .

L’UNION FÉDÉRALE du FINISTÈRE qui fut pendant bien des années, l’une des grandes unions de Bretagne, avec ses dirigeants d’arrondissements ou Départementaux de valeur, parfois trop timides pour espérer une désignation au sein des instances nationales, soutint les efforts de son ” état-major parisien “. Elle tira, pendant des décennies, force et cohésion de son esprit de tolérance fraternelle.
A une époque ou, par exemple, école laïque et clergé catholique ne firent pas toujours bon ménage, il n’était pas rare de voir, auprès du président local, le directeur d’école devenir secrétaire, le curé de la paroisse, trésorier de sa section et inversement.

Pourquoi fallu-t-il que survint, vers 1938-1939, une plus que regrettable scission, séparant comme les Monts d’Arrée, le sud du Nord-Finistère ? Incompatibilités d’humeur ? Ambitions déçues ? Rébellion contre Paris, ou bien, malgré tout quelque sous jacence, inattendue de la politique ?
La cassure dure encore, malgré les efforts tentés par quelques militants 14-18, partisans de l’unité ; et surtout, de leurs successeurs de 39-45, et autres conflits, qui n’y étaient pour rien. Fidèles aux plus tolérants de leurs “anciens “, qui la leur léguèrent telle quelle, les plus jeunes eurent à cœur de maintenir “à bout de bras ” leur fédération du Finistère (quelle que fût la concurrence exercée par des organisations nouvelles venues) dans le giron de l’Union fédérale de leurs pères ou grands pères aujourd’hui devenue, elle même, octogénaire. Ne faut-il pas, en effet, que sur tous les plans : local, départemental, national, et même international, demeurent l’esprit et la philosophie de l’Union fédérale, définis en peu de mots par les pionniers ” Servir, sans se servir, ni s’asservir “.
Méfions nous avant tout, de la funeste devise : ” diviser, pour régner ”

Gérard MORVAN

Vice-président d’Arrondissement de l’U.F. Morlaix (1953 à 1962)
Président de l’ U.F. Finistère (1962 à 1984)
Président national U.F. (1976 à 1983)
Président national honoraire jusqu’à son décès en décembre 2000

Les évolutions depuis 1982 :
  • 1982 Le Président national Gérard MORVAN donne la position de l’Union fédérale concernant le 19 mars 1962. Chaque membre, Association, Section sont libres de se situer par rapport à cette date. L’Union fédérale n’a pas changé de position. Il en est de même de l’Union fédérale du Finistère .
  • 1984 Le 13 décembre 84, Monsieur le Colonel (er) Alfred TANGUY prend la succession de Monsieur Gérard MORVAN comme Président départemental de l’UNION fédérale. Monsieur MORVAN devient Président honoraire.
  • 2000 Septembre, Monsieur Alfred TANGUY, malade, et sur proposition de Monsieur MORVAN, le Conseil d’administration désigne le Lt-Colonel (er) François RAOUL, Président de l’Union fédérale du Finistère, par intérim.
    7 novembre, décès de Monsieur le Colonel Alfred TANGUY.
    27 décembre, décès accidentel de Monsieur Gérard MORVAN.
    Monsieur Serge COURS, Président national, et une délégation nationale assistent aux deux obsèques.
  • 2001 Le 17 janvier, le Conseil d’administration de l’Union fédérale du Finistère se réunit à Plouézoc’h. Monsieur François RAOUL est élu à l’unanimité au poste de Président départemental .

Au même moment, le siège s’installe au 16, allée du Poan Ben à Morlaix.
A partir de cette date, l’Union fédérale du Finistère gère les activités en relation avec l’ONAC. Le Président est présent dans les commissions (Mémoire , Solidarité , carte d’ A.C. et TRN).
Les Assemblées générales ou Congrès se déroulent chaque année dans une localité différente du département, un délégué national est présent.
L’Union fédérale du Finistère décerne tous les 2 ou 3 ans un Prix du Civisme à des jeunes coformément aux directives de Paris.
· 2003 Un prix départemental : 5ème prix National ( Outre-Mer).
· 2005 Département : deux prix, lycée Professionnel de Plouigneau, pour des actions au Burkina Faso.
Situation actuelle :
Malgré une diminution du nombre d’adhérents, l’U.F. du Finistère est fidèle à notre devise. Des A.M.E. prennent la relève, particulièrement autour de Morlaix.
L’histoire continue !

Les lieux de Mémoire :

L’Union fédérale du Finistère a participé à l’édification du Mémorial de L’ Hopital Camfrout, érigé en mémoire des Finistériens morts pour la France en Indochine et en Corée…

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ainsi qu’à celle du Mémorial de Pleyben, érigé en mémoire des 419 Finistériens morts pour la France en A.F.N.

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Les événements

Notre prochain congrès départemental se tiendra
à Morlaix le 1er Juin 2006

Le Conseil d’administration :
  • Président honoraire : François Raoul 29252 Plouezoc’h
  • Président : Stéphane Cariou 29600 Morlaix
  • Vice-président : Jack Picot 29241 Locquirec
  • Vice-président : Alain Peron 29610 Plouigneau
  • Vice-président : Yvon Creignou 29630 Plougasnou
  • Secrétaire général : Jacques Corre 29252 Plouezoc’h
  • Trésorier général : Mme Le Coq 29600 Morlaix
  • Secrétaire adjoint : Stéphane Cariou 29600 Morlaix
  • Trésorier adjoint : Patrick Guinamant 29252 Plouezoc’h
  • Membres :
    • François Rolland 29600 St Martin des Champs
    • Jean Le Guen 29640 Plougonven
    • Danielle Ropars 29410 Le Cloitre St Thégonnec
    • Edouard Clech 29610 Garlan
    • Daniel Le Prado 29690 Huelgoat
  • Contrôleurs aux comptes :
    • Jean Louis Blanchard 29600 Plourin lès Morlaix
    • Pierre Le Jeune 29630 St Jean du Doigt
  • Porte-drapeau : Yves Le Bars 29600 Morlaix

Notre historienne :
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Danielle Ropars est née au Cloître St Thégonnec, dans le Finistère. Elle a fait ses études universitaires de russe à la Sorbonne et à la faculté des lettres de Léningrad. A son retour dans son village natal pour sa retraite, elle s’est intéressée à l’histoire de la deuxième guerre mondiale et à la Résistance, à laquelle a participé son père, dans le maquis du docteur Le Janne. Elle en a fait un livre de témoignages, “1939-1945 : Ils l’ont vécu”, à l’initiative d’E.R. Guéguen. A la sortie du livre, les paras lui ont abondamment décrit leur admiration pour leur colonel. Elle a souhaité rassembler leurs témoignages dans ” Ils y étaient ,Ils racontent, Indochine “, nouvel ouvrage récemment paru.
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