Lettre au président de la République

Monsieur le Président de la République,
Depuis cent ans, chaque année, la France commémore l’Armistice du Il novembre 1918. Cette année, cette
date marque la fin des activités mémorielles orchestrées par la Mission Centenaire et concernant les quatre
années « centenaires» de la grande guerre.
La cérémonie de l’année 2018 sera ainsi dotée d’une symbolique très forte. C’est pourquoi vous avez convié
à cette commémoration devant la Tombe du Soldat inconnu, sous l’Arc de Triomphe, nombre de Chefs
d’État ou de Gouvernement des pays concernés par cette guerre terrible où les morts et les victimes se
comptèrent par millions.
C’est le jour où la France reconnaît le sacrifice des siens, où elle honore tous ceux qui ont versé leur sang
pour qu’elle vive. Devant tous les Monuments aux Morts de notre pays, c’est l’occasion de mettre à
l’honneur, nos soldats et les survivants des différents conflits et missions extérieures: les anciens
combattants. Cela sera vrai dans toutes les villes et villages de France sauf dans notre capitale.
Pour des raisons qui m’apparaissent obscures, vous avez jugé judicieux d’écarter ceux qui méritent le plus
d’être au cœur de cette cérémonie mémorielle : ceux qui iront encore s’il le faut, obéissant à vos ordres,
verser leur sang et ceux qui, sous vos ordres, l’ont déjà versé.
L’Union fédérale des Associations françaises d’Anciens Combattants et Victimes de guerre que je préside
peut difficilement imaginer que soient écartés de la cérémonie nationale, que vous présiderez, nos soldats
afin de ne pas « déplaire à la Chancelière allemande» ni accepter que I~ groupe des Présidents des plus
anciennes associations du monde combattant, groupe dit « des Douze », ne se recueillent devant la Tombe du
Soldat inconnu au prétexte qu’ils « prendraient trop de place» dans le dispositif.
C’est pourquoi, l’Union fédérale et ses Drapeaux seront absents de ce qui m’apparaît être une mise en scène
déplacée en regard de cet événement mémoriel.