Message de l’Union fédérale à l’occasion du 11 novembre 2016.

 

MESSAGE DE L’UNION FÉDÉRALE DES ASSOCIATIONS FRANÇAISES D’ANCIENS COMBATTANTS,

VICTIMES DE GUERRE ET DES JEUNESSES DE L’UNION FÉDÉRALE

À L’OCCASION DU 11 NOVEMBRE 2016

Nul n’aurait pu l’imaginer mais la guerre déclenchée deux ans plus tôt n’en était encore qu’à la moitié de sa durée.

1916 va être l’année des batailles indécises et sanglantes.

L’une d’entre elles sera pour toujours, dans la mémoire collective, la plus célèbre du siècle.

Le seul nom de VERDUN cristallise sur lui ce que furent dans leur ensemble et tout au long de la guerre la dureté des combats livrés, la souffrance des hommes mais aussi leur indéniable grandeur.

Le 21 février les forces allemandes, nombreuses, puissamment armées, lancent une offensive d’envergure sur un secteur réputé tranquille, celui de Verdun, où nos propres forces sont en état d’infériorité numérique et pratiquement sans appui d’artillerie.

Un déluge de fer et de feu s’abat sur elles pendant des heures. Le choc qui suit est rude mais, grâce à leur courage et à leur abnégation elles arrivent à contenir l’adversaire qui ne pourra atteindre les objectifs qu’il s’est fixés.

Il convient de citer, entre autres, la conduite héroïque des 56ème et 59ème bataillons du 165ème Régiment d’Infanterie commandés par le colonel DRIANT.

Leur résistance farouche permettra un répit pour l’arrivée des renforts. Le prix payé sera terrible. Sur 1300 hommes, il n’en survivra que guère plus d’une centaine.

C’est par une voie de communication créée de toute pièce entre Bar le Duc et Verdun qu’hommes et matériels seront acheminés vers le front. Ce sera « la voie sacrée ».

C’est ainsi que s’est engagée cette bataille qui, conduite pour ce qui nous concerne tour à tour par les généraux PETAIN puis NIVELLE, ne prendra fin qu’au mois de décembre.

Les positions seront prises et reprises au prix de sacrifices qui nous paraissent aujourd’hui démesurés mais qui étaient alors signe de la volonté inébranlable d’une nation, la nôtre, de vivre libre.

Le bilan est terrible.

L’enfer de Verdun aura coûté 360 000 morts côté français, 335 000 morts côté Allemand.

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Verdun n’aura pas été la seule bataille cette année-là.

Depuis janvier le général JOFFRE, commandant en chef des forces françaises, en accord avec celui des troupes britanniques, avait prévu de mener une grande offensive au nord et au sud de la SOMME.

La bataille de Verdun retarda l’opération, qui ne sera déclenchée que le 1er juillet et sera arrêtée début octobre.

Les troupes britanniques y prirent une part prépondérante.

En définitive, ce sera un échec qui coûtera son commandement au général JOFFRE.

Plus d’un million d’hommes des deux camps y furent mis hors de combat.

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Voilà très succinctement brossé le tableau d’une période tragique de l’histoire de notre pays. Le meilleur y a été mêlé au pire.

Cent ans après on se rend compte que quels que soient les sacrifices consentis, souvent exorbitants, la volonté farouche de notre nation a fait que celle-ci, par sa cohésion, a su faire face à l’adversité.

Au temps où nous sommes, devant les dangers auxquels notre génération est confrontée, qui pour être de toute autre nature n’en sont pas moins réels, il est sans doute nécessaire de s’en souvenir.

Que vivent la France et la République !