Message de l’Union Fédérale à l’occasion du 8 mai 2017

Le 8 mai 1945, les armes se turent en Europe laissant celle-ci en grande partie dévastée pour la deuxième fois au cours du 20ème  siècle. Commencée le 2 septembre 1939, le début de la seconde guerre mondiale se termina le 22 juin 1940 en désastre pour la France. Le manque de courage des gouvernements français et britannique face à la politique agressive de l’Allemagne et le manque de clairvoyance de l’état-major français ont permis à Adolf Hitler de conquérir la Pologne et une grande partie de l’Europe de l’Ouest en 10 mois. En France, 123 400 militaires et civils seront tués; 1 500 000 soldats seront faits prisonniers

Néanmoins tout n’était pas perdu. L’Angleterre résistait aux assauts allemands et les entrées en guerre des Etats Unis et de l’union soviétique en 1941 seront déterminantes pour mettre un terme au régime nazi. En France, dès août 1940, les premiers mouvements de résistance font leur apparition. Ces mouvements, unifiés en grande partie par Jean MOULIN, formeront une véritable armée: l’armée des ombres comme l’écrira Joseph KESSEL. Composée de femmes et d’hommes de tous milieux sociaux et de toutes opinions politiques, ils et elles mèneront jusqu’à fin 1944 des actions de sabotage et de renseignements sur tout le territoire.  À la fin de la guerre, près de 80 000 résistantes et résistants auront péri ou seront portés disparus.

A l’extérieur du territoire, la résistance s’organise aussi. Le 18 juin 1940 à Londres  le général Charles de GAULLE exhorte les Français à venir le rejoindre pour continuer la lutte auprès des alliés. L’armée française est présente dans les combats victorieux de Narvik. C’est en  mai 1942 que la France reprend véritablement le combat contre l’Allemagne nazie. A Bir Hakeim, dans le désert libyen, la 1ere brigade française libre du général Pierre KOENIG stoppe durant 12 jours la progression de l’Afrika Korps du maréchal Erwin ROMMEL et des troupes italiennes engagées dans la bataille d’El Alamein. Dès lors, les forces françaises libres, que ce soit sur terre, sur mer ou dans les airs, seront de toutes les batailles engagées par les alliés en Europe.

Après la défaite de la France en 1940, cinq années de combat seront nécessaires pour mettre à terre l’Allemagne nazie. Cinq années durant lesquelles les Françaises et les Français vont souffrir des privations, des bombardements alliés, de la répression du régime de Vichy et de la violence des troupes allemandes. Mais le plus grand drame de cette guerre sera vécu par la communauté juive. En France, 76 000 personnes de confession juive furent déportées, 2000 seulement revinrent des camps de concentration.

Les innombrables stèles qui parsèment les rues de nos villes et les routes de nos campagnes nous rappellent le dur combat livré par nos ainés, français comme alliés, contre la folie du nazisme. Prenons le temps de nous arrêter quelques instants au pied de ces stèles et de lire les noms de ceux qui y sont inscrits. Nous leur devons notre liberté d’aujourd’hui. Et en ces temps où les menaces envers nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité sont omniprésentes, faisons en sorte que nos enfants n’aient jamais à combattre pour les défendre.

Vive la République

Vive la France