Message de l’Union fédérale en hommage à ceux des T.O.E à l’occasion du o8 juin 2017

C’est souvent dans des périodes difficiles, voire tragiques, auxquelles la Nation est confrontée, que quelques-uns de ses enfants font montre des vertus indispensables pour lui permettre d’y faire face avec panache.

Pourtant, au départ, rien ne semble les y prédisposer.

Ce sont leur caractère bien trempé, leur volonté tenace qui les conduisent à avoir une attitude hors du commun avec, pour seule ambition celle de SERVIR.

Dans un passé encore récent le général Marcel BIGEARD fut de ceux-là.

Lors du transfert de ses cendres au Mémorial des Guerres d’Indochine de Fréjus, le 20 novembre 2012, le Président Valery GISCARD d’ESTAING, pour ce qui concerne son seul parcours militaire, en présence de son épouse et d’un auditoire de haut rang, lui rendit un hommage solennel en ces termes (début de citation) :

« Au cours de cette cérémonie, impressionnante et émouvante, le gouvernement et l’Armée de Terre, mais aussi comme l’a écrit Victor HUGO, « un peuple entier », viennent rendre au général BIGEARD les honneurs qui lui sont dûs.

Si comme vous, avec vous, je suis venu accueillir l’arrivée de ses cendres dans cette terre militaire, c’est pour deux motifs : la reconnaissance en tant qu’ancien Président de la République et la fidélité.

Le général BIGEARD a rendu de grands services à notre pays par ses actions d’éclat militaires.

Lorsqu’il a sauté la deuxième fois sur la cuvette de Diên Biên Phu à la tête du 6ème BPC, le 16 mars 1954, chacun sentait que la fin du siège était proche. En venant rejoindre ses frères d’armes, il savait qu’il se condamnait à la mort ou à la captivité, cette captivité cruelle et humiliante qui a enchaîné 11 700 prisonniers, dont seulement un peu plus de 3000 sont revenus.

Je ne connaissais pas  Marcel BIGEARD.

Ma première rencontre avec lui a eu lieu dans la cour des Invalides, le 27 septembre 1974, lorsque je lui ai remis les insignes de Grand-croix de la Légion d’Honneur. Il était devant moi, au garde à vous, en tenue de service.

Conformément à la règle il ne portait pas de décoration, mais je voyais briller sur sa croix de guerre, dans le souvenir que je gardais de sa célèbre photo, les palmes et les étoiles de ses vingt-cinq citations.

Lorsque je lui ai donné l’accolade, ce geste n’était pas conventionnel. J’ai eu le sentiment d’étreindre le dernier grand soldat de notre histoire militaire.

Certes il y aura toujours des officiers, des sous-officiers et des soldats courageux dans nos forces armées comme en témoignent l’opération de Kolwezi et les opérations en Afghanistan. Mais le changement d’époque n’offrira plus à personne, sans doute, de déployer son courage au service de son pays pendant 23 années consécutives sur les terrains de la France, d’Extrême Orient et d’Afrique. » (Fin de citation)

Conscient d’une époque révolue mais regardant toujours avec beaucoup d’attention un pays qu’il a tant aimé, et si bien servi le Général, peut-être un peu désabusé, ne pourrait sans doute que dire, une fois encore « Adieu ma France ».