Réponses des candidats à l’élection présidentielle reçues à ce jour

Questions posées aux candidats.

  1. Pertinence d’un Secrétariat d’Etat chargé de l’aide aux victimes.

Il existe un Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants qui a sous sa férule l’ONAC, organisme en charge des Pupilles de la Nation dont font partie les enfants des victimes d’attentat. La création d’une structure à compétence parallèle divise et affaiblit l’action de l’Etat. De plus, c’est créer une forme de concurrence néfaste entre victimes celles dites de guerre et les victimes d’attentat alors qu’on sait aujourd’hui que la plupart des attentats sont le fait d’une guerre qui nous est déclarée.

Envisagez-vous de continuer cette différenciation entre victimes ?

  1. Evolution du Droit à Réparation

Ce Droit s’est attaché à reconnaître le prix du sang versé pour la France par ses soldats. Il a toujours été lié au principe d’opérations de guerre à l’extérieur de nos frontières ou contre un Etat déclaré notre ennemi dont les armées étaient présentes sur le sol français.

Le monde a changé et aujourd’hui la guerre qui nous est déclarée, qui nous est faite, ne l’est pas du fait d’un Etat mais du fait d’une idéologie totalitaire qui se veut universelle. Capable d’enrôler ses criminels dans notre population, elle se déroule sur notre sol. En créant la Médaille de Victime d’attentat, décernée par le Président de la République, la France reconnait ainsi comme « fait de guerre » les attentats. Face à cet ennemi, elle engage les soldats de l’Opération « sentinelle », les gendarmes et policiers de nos forces de Maintien de l’Ordre et les Sapeurs-Pompiers. Tous ces personnels sont missionnés par l’Etat et risquent leur vie dans l’accomplissement d’une mission qui, selon le moment, s’inscrit dans le cadre du maintien de l’ordre ou bien dans celui d’ une véritable situation de guerre.

Ce sont des combattants français, pourtant la reconnaissance qui leur est due ne comprend pas cette notion de combattant qui ouvre droit à réparation, principalement pour ceux participant effectivement  à la réduction de terroristes.

Envisagez-vous de reconnaître ce droit pour ces personnels, missionnés par l’Etat,  dans ce type d’opérations sur notre sol ?

3.  Devoir de Mémoire

Les années du Centenaire de la Première Guerre mondiale ont étés et sont encore l’occasion de rappeler le Devoir de Mémoire pour tous. C’est bien. Pourtant, dans le même temps, l’évolution des programmes scolaires a modifié en profondeur l’enseignement de notre histoire qui est l’ossature de cette mémoire et de notre citoyenneté française. Ces modifications, dès les petites classes, sont  faites au profit de l’étude d’une histoire plus universelle qui, si elle démontre l’existence de plusieurs histoires, n’a qu’un caractère pédagogique. Elle n’est pas formatrice et elle n’est surtout pas fondatrice de notre citoyenneté. L’Education nationale qui  détient, au plus haut niveau, le devoir de Mémoire, détient dans le même temps le rôle indispensable dans le développement du sentiment d’amour de la France passant par cette Mémoire et qui forme le citoyen.

Notre Education nationale est le creuset fondamental dans lequel est fondue la citoyenneté française. Au moment où, pour des raisons souvent culturelles,  l’élève  peine encore à posséder pleinement l’usage et l’écriture de la langue française indispensable à sa réussite scolaire, gage essentiel de notre citoyenneté, est-il judicieux de compliquer cet apprentissage de la citoyenneté par l’étude des langues communautaires ?

Envisagez-vous de remettre la culture de la citoyenneté française au cœur des programmes de l’Education nationale et particulièrement en classe de primaire ?

  1. Questions spécifiques
  2. Depuis de nombreuses années, nous œuvrons pour faire évoluer le Droit à Réparation sur des points devenus rémanents :
  • Evolution du point d’indice : rattrapage et rapport constant
  • Pension des conjoints survivants des grands Invalides de guerre : chantier en cours
  • Demi-part fiscale à 74 ans : maintien
  • Carte du combattant pour les AFN entre le 2 juillet 1962 et le 1 juillet 1964 : à créer
  • Zone ou territoire de combat, sans notion d’acte de guerre, ouvrant droit à la campagne double sur des périodes consécutives ou non pour les AFN.

Ces points sont parfaitement connus du Décideur politique qui, souvent, a déjà œuvré pour leur évolution.

Envisagez-vous de poursuivre dans la voix de l’amélioration de chacun de ces points ?

 OPEX

Le combattant OPEX diffère par de nombreux aspects de l’ancien combattant comme celui d’AFN. Il appartient aux associations du monde combattant d’évoluer afin de prendre parfaitement en compte ces différences pour que ces derniers ne soient pas lésés. Cependant, il est une qualité tout à fait spécifique de l’OPEX qui le différencie totalement des anciens, elle est une conséquence directe de la professionnalisation l’armée. Contrairement au soldat appelé, le soldat de métier a très souvent charge de famille et, de façon tout à fait normale, le commandement n’a pas à prendre en compte ce fait « famille » quand il désigne le personnel devant partir en opérations. Il en découle un impact important du fait de guerre sur ces familles.

L’année 2016 a vu la création d’une « carte famille des blessés de guerre », c’est important.

Envisagez-vous de faire bénéficier ces familles du Droit à Réparation quand elles deviennent par conséquence victimes du fait de guerre ?

Réponses de M.Jacques CHEMINADE:

Monsieur,

Ayant reçu, depuis le début de la campagne, des centaines de sollicitations, il ne lui sera malheureusement pas possible de vous fournir une réponse personnalisée avant le scrutin décisif. Il le regrette. Cependant nous espérons engager un dialogue avec vous dès que cela nous sera possible.

En attendant, vous trouverez sans doute des éléments de réponse à vos interrogations en consultant le projet complet de Monsieur Cheminade sur le site cheminade2017.fr disponible sous forme de livre La France avec les yeux du futur paru chez L’Harmattan.

Ce scrutin sera décisif pour l’avenir de notre pays. Combattons ensemble pour un avenir meilleur.

L’équipe de campagne de Jacques Cheminade

Réponses de M. Benoit HAMON:

Monsieur le Président,

Je vous remercie vivement pour votre courrier du 17 mars 2017, dans lequel vous
attirez mon attention sur des questions importantes liées au Droit de Réparation et à
ses dispositifs, au Devoir de Mémoire et à sa place dans l’éducation à la citoyenneté, à la place spécifique qu’occupe le combattant en opération extérieure par rapport à l’ancien combattant qui fut appelé à servir

Je reconnais que toutes ces questions témoignent de la nécessité à réduire des écarts, notamment indemnitaires, dans le traitement des catégories, tout en conservant l’objectif que nous partageons d’œuvrer à l’apaisement de la mémoire et au renforcement du lien entre l’Armée et la Nation.

Aussi, je saisis cette opportunité pour réaffirmer mon attachement profond à réduire
ces inégalités. Et même si je ne peux m’avancer par des réponses définitives aux
questions de votre point « Questions spécifiques », je peux vous confirmer ma
détermination à poursuivre les efforts engagés pendant ce dernier quinquennat pour
combler les lacunes. Dans ce sens, je compte précisément mettre en place une
concertation la plus large et représentative possible sur la base des enseignements
tirés des réussites et échecs passés.

Par ailleurs, je tiens également à rappeler que, dans ma fonction passée de ministre de l’Éducation nationale, j’ai eu l’occasion de lancer et développer plusieurs programmes de transmission de la Mémoire dans le cadre du Centenaire de la Première Guerre mondiale ou concernant la guerre d’Algérie. En référence à votre point 3, vous pouvez ainsi mesurer la place que je compte accorder au Devoir de Mémoire dans l’apprentissage de la citoyenneté mais aussi, cela me semble crucial vu les défis auxquels nous sommes confrontés, dans la construction de l’esprit résilient chez notre jeunesse.

D’autre part, je prends bonne note de votre remarque sur l’actuel Secrétariat d’État
chargé de l’aide aux victimes, créé dans la prolongation des attentats qui ont frappé la
France. Sa création, vous l’avez compris, se justifie par un besoin immédiat
d’accompagnement des familles des victimes confrontées à des menaces inédites
dans notre pays.
Néanmoins, je partage avec vous le sentiment de « concurrence» que cela peut
engendrer avec la vocation du Secrétariat d’État aux Anciens Combattants. Dans le
cadre de la modernisation de ce dernier et de l’ONACVG que j’envisage, je suis ainsi
disposé à étudier les formes nouvelles que pourrait prendre la prise en charge des
victimes du terrorisme, phénomène qui, dans le contexte actuel, ne peut être dissocié
d’un « fait de guerre », comme vous le soulignez en rappelant l’existence de la
Médaille de Victime d’attentat.

Benoît HAMON
pour Benoît Hamon, la Permanence présidentielle

Réponses de M. François FILLON:

C’est avec une attention particulière que j’ai pris connaissance de votre courrier et des
suggestions. de.votre association. Soyez assuré qu’elles alimenteront ma.réflexion et celle de mes équipes.
Nous devons, à l’égard de nos anciens combattants, respect et gratitude. Si la République
est debout et si nous vivons libres et non à genoux, nous le devons à ceux qui se sont battus pour
nous et pour la France. Le courage des anciens combattants doit guider nos pas. Nous devons être
humbles devant leur exemple. Nous devons être fiers d’être les héritiers de ces hommes qui ont
changé le cours de l ‘histoire. Beaucoup de combattants sont tombés pour notre pays. Leur mort
serait vaine si elle ne continuait pas de l’inspirer aujourd’hui.
Pour ma part, j’ai toujours exhorté la France à assumer pleinement son histoire et son
devoir de mémoire. J’invite nos concitoyens, notamment les plus jeunes, à connaître leur passé,
avec ses pages sombres mais aussi avec ses pages de bravoure dont nous sommes tous redevables.
Ma mission est de faire grandir l’espérance pour la France et pour la République. Pour
cela, j’ai besoin, plus que jamais, de la mobilisation sans faille de tous les Français qui souhaitent
le redressement de leur pays.

François FILLON

pour les Républicains